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Chapitre 6 : Entrez dans la légende
FERDINAND, UN ROI AUX COMMANDES

 

Ferdinand de Bulgarie est un grand enfant. Et il voue une folle passion aux machines, aux voitures, aux trains. D’ailleurs, il possède un wagon personnel. Mais, sa préférence va sans conteste au mythique Orient-Express...

Dans l’Orient-Express des premières années du XXe siècle, tout attire le roi Ferdinand de Bulgarie. La ligne, les décors somptueux des voitures, la vitesse... Aussi, lorsque la locomotive traverse son pays, il est toujours prévenu.

Sa passion est telle qu’un jour, il fait arrêter l’Orient-Express pour monter à son bord. Mais ce n’est pas en voyageur ordinaire qu’il participe au périple. Il s’installe dans la locomotive, entre le mécano et le chauffeur du train pour prendre le plus naturellement du monde les commandes. Il actionne le sifflet, joue de la manette à vapeur, se laisse griser par la vitesse...

Car c’est dans les virages, où il faut ralentir, que le roi accélère : c’est sans doute plus impressionnant dans les courbes qu’en ligne droite. Et puis, brusquement, il freine afin de vérifier que le matériel est efficace. Plus d’une fois, Ferdinand de Bulgarie s’est félicité du dispositif de sécurité.

Cependant, ses fantaisies ne sont pas du goût des voyageurs qui se trouvent bousculés, projetés sans raison, secoués dans tous les sens. Le mécano et le chauffeur sont mécontents, mais dans l’impossibilité de sermonner Sa Majesté. Néanmoins, Ferdinand décide de s’assagir, et pour se faire pardonner, il ordonne d’attacher son wagon personnel à l’Orient-Express. Mais la monotonie et la tristesse du voyage ne tardent pas à le lasser. Aussitôt, Ferdinand tire la sonnette d’alarme et profite de la frayeur générale pour se précipiter à nouveau dans la cabine et conduire le train.

Après quelques trajets, le directeur de la compagnie des wagons-lits doit intervenir. Et dans sa lettre, Monsieur Nagelmackers est bien obligé de conclure, avec tout le respect dû au roi de Bulgarie, que " l’Orient-Express n’est pas un joujou ! "

LES PLUS BELLES HISTOIRES DES TRAINS, Timée Editions, 2003, p. 96
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