Accueil Présentation Commander Liens Service de presse Contact
 
Accueil > Présentation du livre > quelques extraits
Chapitre 4 : La séduction des arts
UN COLIS NOMME DALI

 

Lorsque le peintre Salvador Dali est invité le 29 août 1965 pour l’inauguration du Musée surréaliste de Céret, il arrive en tenue immaculée d’amiral et porte un bonnet phrygien. Une excentricité de plus, se dit-on. Mais le maire et la population ignorent encore tout des nouveaux caprices de l’artiste...

A la fin des manifestations, Dali décide de repartir pour Perpignan mais refuse l’automobile prévue. Le maire, gêné, lui explique que la gare de Céret est desservie uniquement par un train de marchandises, aussi est-il préférable de prendre la voiture. Mais le peintre insiste.

Qu’importe ! Ce sera ce train ou rien d’autre ! Et voilà, toute l’assistance, avec à sa tête Dali, qui attend sur le quai le fameux train. Bientôt la locomotive s’arrête pour embarquer " l’illustre paquet ".

Après les dernières congratulations, on installe Dali et sa compagne Gala tant bien que mal entre les caisses et les sacs. Le peintre, au grand dam de tous, est ravi. Lui qui n’utilise que des moyens de locomotion infiniment plus prestigieux, pousse des cris de joie quand le wagon démarre.

Dès que le train s’éloigne, les journalistes qui ont refusé de grimper à bord se ruent vers la gare de Perpignan, espérant arriver avant le convoi. Si certains s’enthousiasment du génie du maître, d’autres émettent de sérieux doutes sur sa santé mentale. A Perpignan, c’est l’étonnement : pour les cheminots lorsqu’ils voient descendre du wagon Salvador et Gala, et pour les voyageurs lorsqu’il baptise la gare de Perpignan " le centre du monde ".

Si Dali est fantaisiste, il n’oublie pas de remercier la compagnie de train, sous la forme d’un tableau dont le sujet central est le wagon dans lequel il a pris place. Il l’intitule Le centre du monde. Quant au chauffeur, il est assailli par les journalistes :
" Quel effet ça vous a fait de transporter Dali ?
- Moi, je suis cheminot. J’aurais transporté un wagon de patates, c’était pareil ! "

LES PLUS BELLES HISTOIRES DES TRAINS, Timée Editions, 2003, p. 72
<< extrait précédent   extrait suivant >>
L'ane de Timee-Editions
Timée-Editions©2003

"Des livres ouverts sur Internet"