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A la fin du XIXe siècle, les excursions dans
le massif des Alpes françaises restent le privilège
des alpinistes. Pour se rendre en montagne, il faut être capable
de participer à une cordée, ce qui n’est pas
donné au premier citadin venu. C’est pourquoi certains
entrepreneurs cherchent des voies d’accès complètement
inédites...
En 1880, les paysages sauvages des alpages commencent à
être appréciés des touristes. Dans leur sillage,
les industriels se lancent dans la conquête de ce nouveau
marché prometteur. En vingt ans, le chemin de fer s’engouffre
dans les vallées, et les premières stations de sports
d’hiver apparaissent au début du siècle.
Mais le Mont-Blanc, le plus haut sommet d’Europe,
reste un terrain préservé, destiné aux plus
chevronnés des alpinistes. La nature y est toujours intacte,
et aucun promoteur n’est en mesure de venir souiller ses neiges
éternelles.
Ce constat n’est pas celui d’une
poignée d’élus savoyards. Pour achever la conquête
des Alpes et symboliser la puissance de la France, ils font l’un
des paris les plus audacieux jamais imaginés : relier par
le rail le sommet du Mont-Blanc afin d’en permettre l’accès
au plus grand nombre !
Quelques ingénieurs se penchent sur la
question. En 1904, ils mettent en chantier " le tramway du
Mont-Blanc ", qui doit relier le Fayet, situé à
huit cents mètres d’altitude, au sommet du massif,
quatre mille mètres plus haut !
Les ouvriers se mettent à construire
un véritable réseau à travers les versants
sauvages de la montagne. Le travail est particulièrement
difficile, puisqu’il faut faire face à des conditions
climatiques exécrables et à un terrain extrêmement
accidenté. En 1909, seule une courte portion de voie est
inaugurée. Et le chemin à parcourir est encore bien
plus long et difficile, puisqu’il passe désormais par
des faces fortement enneigées en hiver...
Malheureusement, les entrepreneurs n’ont
pas le plaisir de voir leur rêve s'accomplir. En 1914, la
Première Guerre mondiale éclate. Désormais,
face aux combats et à la crise économique, le projet
devient secondaire. Il n’aboutira jamais : le tramway du Mont-Blanc
atteint donc seulement le Nid d’Aigle, à 2372 mètres
d’altitude. Quelques centaines de mètres plus loin,
la voie s’interrompt brutalement à flanc de montagne,
au beau milieu d’un virage que les ouvriers n’ont jamais
eu le temps d’achever...
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