Chapitre 6
Roland Garros insolite

Un geste d'une autre époque

Mats Wilander a seulement dix-sept ans en 1982. Il est arrivé de Rome en voiture avec son coach suédois Anders Sjoeren. Pas vraiment connu… jusqu’au moment où il sort le tenant du titre qui n’est autre qu’Ivan Lendl ! Puis c’est au tour d’un ancien finaliste (contre Borg) Vitas Gerulaitis. Mais le public n’a pas vraiment découvert son jeu ni même sa personnalité.

Le voilà donc en demi-finale sur le central contre l’Argentin José Luis Clerc. Ce match bien mené, une fois de plus, par le jeunot aux belles boucles blondes, est parti pour n’être qu’une formalité puisque Wilander domine assez facilement l’Argentin dans les deux premiers sets. Puis 6/1 Clerc au troisième set. Et au quatrième set, Wilander se détache à nouveau. Balle de match pour Wilander. Le coup droit de Clerc est dehors, juge Jacques Dorfmann qui annonce «  jeu set et match Wilander ! ». Dorfmann est déjà, comme à son habitude, en bas de sa chaise. Clerc n’est pas d’accord, et lui demande de vérifier la marque. Dorfmann est sûr de son fait, mais pourtant, l’inimaginable va se produire : c’est Mats Wilander qui s’approche du filet, non pas pour serrer la main de José Luis, mais pour dire à l’arbitre : « Je ne veux pas gagner le match de cette façon ». Et il propose alors de rejouer le point !

Finalement, Jacques Dorfmann remonte sur sa chaise… et accède à la demande de Mats Wilander : le point est rejoué. Deux balles. Vraiment, du jamais vu à ce niveau du jeu. Des tribunes, on entend un murmure d’étonnement, puis une ovation monstre.
Service Clerc, retour de Wilander puis, dans l’échange, faute de Clerc. Cette fois-ci, Wilander a bel et bien gagné. Il est devenu un véritable héros de sportivité, et également le plus jeune finaliste de tous les temps. Son geste chevaleresque entre avec Mats dans la légende.

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