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Quand Sartre refuse le Nobel… 
Le 22 octobre 1964, l’Académie
suédoise du Nobel décerne le prix de littérature à Jean-Paul
Sartre, qui le refuse, déclenchant, une fois de plus, une polémique
ardente où chacun exprime avec passion ses sentiments.
Au début de l’année 1964 paraissent Les Mots, roman
autobiographique qui connaît un succès immédiat. Quelques
mois plus tard, et par hasard, l’écrivain apprend qu’il
est susceptible de se voir attribuer le Prix Nobel de littérature.
Cette distinction, Sartre en est certain, il n’en veut pas. Attablé sur
une terrasse de Montparnasse, entouré de son clan, il rédige
une lettre sensée l’exclure discrètement d’un
listing de candidats potentiels.
«…Pour des raisons qui me sont strictement personnelles,
je désire ne pas figurer sur la liste des lauréats possibles ».
Par cette missive adressée le 14 octobre au Secrétaire de
l’Académie Nobel, Sartre croit échapper à un
honneur qui l’aurait figé dans un rôle qui ne lui sied
pas. Cet éternel apôtre de la liberté a toujours fui
les marques de considération nées de sa célébrité.
Prenant soin de devancer le choix du jury, il prétend à une
discrète esquive, qui aurait dû rester secrète. Or,
pour des raisons sans doute liées à la lenteur administrative,
la lettre n’arrive pas à temps.
Le 22 octobre, l’annonce est officielle : « Le prix Nobel
de cette année a été attribué à l’écrivain
français Jean-Paul Sartre pour son œuvre… » Sartre
est alors obligé de refuser officiellement, face au monde entier,
la distinction, tout en ménageant le peuple suédois incrédule.
Le scandale fait rage, et très peu de gens le soutiennent dans
cet acte qu’il a pourtant commis sans intention ostentatoire. Plus
tard, il exprimera d’ailleurs quelques regrets quant au montant
du prix. Réflexion faite, il aurait voulu le destiner à une
cause telle que la lutte contre l’Apartheid.
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