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Fidèle à Castro

« La révolution cubaine est
une véritable révolution. » C’est de retour
d’un voyage à Cuba en 1960, que Sartre rapporte, dans ses
carnets de voyage, une réflexion enthousiaste sur le nouveau régime
cubain.
Au début des années soixante, Jean-Paul Sartre et Simone
de Beauvoir sont invités à La Havane, capitale cubaine prise
quelque temps auparavant par une jeune troupe d’intellectuels marxistes,
qui souhaitent à ce moment-là offrir à leur révolution
une dimension humaniste. Sartre vient de publier La Critique de la raison
dialectique, qui préconise d’introduire l’existentialisme
dans la doctrine marxiste, en écartant toute tentative stalinienne.
Une raison de plus pour inviter l’intellectuel à Cuba. Conférences
de presse, entretiens, débats, cours à l’université ponctuent
les journées harassantes d’un travail qui captive le philosophe.
La grande île n’est pas inconnue de l’écrivain
qui l’avait visitée au début des années cinquante,
avec son amie Dolorès Vanetti, alors qu’ils effectuaient
un voyage d’agrément dans les Caraïbes…
Mais au cours de ce voyage officiel, le couple de
philosophes rencontre Fidel Castro et son frère Raul, ainsi que Che Guevara, figure mythique
du héros révolutionnaire romantique. Sur les clichés
rapportés de ce voyage, Sartre enveloppe le leader cubain, qui
le domine d’au moins deux têtes, d’un regard d’admiration.
Les moqueries et les critiques suivront ses déplacements, comme
toujours.
Mais c’est surtout les commentaires dithyrambiques qu’il écrit
sur Cuba à son retour qui provoquent ultérieurement du scepticisme. « Les
Cubains s’étaient l’un après l’autre endormis,
mais Castro les unissait dans une même nuit blanche, sa nuit. » Le
rhum, la fiesta et l’atmosphère endiablée des milieux
estudiantins post-révolutionnaires qui célébraient
dans la liesse la fin du dictateur Batista, ont certainement contribué à troubler
la vision que l’homme pouvait avoir du régime tout récent
qui s’installait sur l’île.
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