 |
La naissance de Jean-Sol Parte 
Figure emblématique du Paris existentialiste,
pataphysicien, jazzy et zazou, Boris Vian est présenté à Jean-Paul
Sartre par une connaissance commune, Raymond Queneau. L’attirance
est immédiate, l’amitié longue et sincère.
Jean-Paul Sartre ne sera pas un adepte fidèle des caves de jazz
où Boris Vian, trompettiste de talent, se produit presque tous
les soirs avec son orchestre. L’homme apprécie pourtant cette
musique qui marque l’après-guerre et la découverte
de l’Amérique – il a d’ailleurs déjà fait
la connaissance de Sonny Rollins qu’il admire -, et se sent toujours à son
aise entouré de jeunes gens. Sans doute préfère-t-il
les réunions amicales au brouhaha du Tabou, la villégiature
germano-pratine préférée de Vian.
Sartre propose alors à Boris Vian de collaborer aux Temps Modernes,
dont il est directeur. Celui-ci rédige une colonne mensuelle, baptisée
Les Chroniques du menteur. Vian a mis un pied chez Gallimard, et c’est
donc tout naturellement que l’éditeur publie en 1947 sa célèbre
Ecume des jours, dans laquelle Sartre devient Jean-Sol Parte. L’écrivain
trublion y décrit une scène délirante où des
milliers de gens se rendent à une conférence que donne Jean-Sol
Parte. Certains y parviennent en corbillard, d’autres en se faisant
parachuter, les derniers en empruntant les égouts.
Cette scène décrivait en fait une conférence sur
l’Existentialisme que Sartre avait réellement donnée,
et qui avait remporté un incroyable succès, qui conforta
le philosophe dans sa posture d’homme public.
C’est finalement la séparation de Boris d’avec sa
femme Michelle Leglise qui éloignera les deux couples, Vian préférant
se rapprocher de l’univers de sa nouvelle compagne Ursula. Peu de
temps après leur rupture, Michelle devint l’une des femmes
de Sartre et occupa une place importante jusqu’à la fin de
sa vie.
<retour à la
liste d'extraits__________________________
|