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La course automobile est un sport cher, technique, très sophistiqué, une discipline réservée aux élites et aux millionnaires. Ah oui ?Et le Pop Cross de janvier 1982, alors ? |
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Ça commence par une piste en terre. Dans l’idéal, propre et un peu humide ; parce que si elle est trop sèche, seul le premier y voit quelque chose (enfin, pendant le premier tour) à cause de la poussière. Et parce que si elle est trop boueuse, il devient vite difficile de lire les numéros sur les portes.
Voiture de base, la Renault 4, généralement hors d’âge. Pour la préparation, on commence par alourdir, avec un arceau de sécurité, sérieusement contrôlé à chaque course par les commissaires techniques Renault. Et ensuite on allège. Ceux qui croient que la Renault 4 de série est une voiture dépouillée n’ont jamais vu une manche de Pop Cross. Tout ce qui n’est pas absolument indispensable est passé par-dessus bord. Les tapis en caoutchouc, le cendrier, la plage arrière ; la banquette, le siège passager, les baguettes chromées, les pare-chocs; les vitres latérales, le pare-brise, les phares.
Ainsi allégée, une Renault 4 pèse environ cinq cents kilos. À peu près comme une Formule 1 et d’ailleurs c’est aussi une monoplace. Évidemment, les chevaux sont moins nombreux mais ça ne les empêche pas de hennir. Sur la grille de départ, chacun aiguillonne ses trente-deux fiers percherons pour partir en tête.
Crucial, le premier virage ! Celui qui en sort en tête a de bonnes chances de s’épargner quelques frictions. Tandis qu’au milieu du paquet, la trajectoire dépend surtout des adversaires. À trois de front, si vous « conduisez » la Renault 4 du milieu, votre adversaire de gauche vous fera prendre les virages à droite et celui de droite ceux de gauche. On tourne tous ensemble, comme à la parade et il y a des fois aussi où personne ne tourne. Les Renault 4 ne durent pas beaucoup de course… Mais Renault en a fabriqué huit millions cent trente-cinq mille huit cent vingt-quatre exemplaires, alors il y a de la marge !
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