Après avoir remporté cinq médailles d’or aux Jeux de Paris et d’Amsterdam, Johnny Weissmuller débute une prodigieuse carrière cinématographique à Hollywood, interprétant le rôle de Tarzan aux côtés de Maureen O’Sullivan. On se souvient de l’acteur ; un peu moins du nageur. Dommage car, dans l’eau, cet Adonis américain est sublime.
En 1924, quand il débarque dans la piscine parisienne des Tourelles pour participer aux Jeux Olympiques, Johnny Weissmuller est la grande attraction du spectacle nautique. Il y a deux ans, ce grand play-boy de 1,90 mètre et 86 kilos a été le premier nageur à descendre sous la minute sur 100 mètres nage libre (58’’6), avant d’améliorer son record du monde à 57’’4, à six mois des JO. En sprint, il est l’incontestable star. Et il ne déçoit pas.
Déjà vainqueur du 400 mètres et du 4x200 mètres, l’Américain s’impose logiquement sur 100 mètres. Sur le bord du bassin, un homme au ventre proéminent est comblé. Crâne chauve et oreilles décollées, l’entraîneur du Chicago Athletic Club, Bill Bachrasch, a réussi son pari : faire de ce diable de Weissmuller un nageur de haut niveau. Mieux, ce coach aux méthodes musclées, cigare coincé entre les lèvres, est parvenu à transformer l’ancien groom maladif en champion olympique. A Paris, son protégé remporte aussi le bronze en water-polo… pour épater la galerie.
Et c’est peut-être ce besoin de parader qui à contribué, plus que la rigueur et l’effort, à son destin exceptionnel. Ainsi, en 1928, pour pallier à son éternelle insatisfaction, Johnny Weissmuller participe aux Jeux Olympiques d’Amsterdam alors qu’il est diminué par de multiples lésions musculaires. Le spectacle n’en est que plus étonnant car il remporte, sans une grimace, le 100 mètres et le 4x200 mètres !
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