En juin 1911, à Honolulu, Duke Paoa Kahanamoku pulvérise le record du monde détenu par Charles Daniels en nageant les 100 yards en 55’’ et 4 dixièmes. Il est le premier à passer sous la barre de la minute. Les Etats-Unis décident alors d’envoyer ce phénomène aux Jeux de Stockholm l’année suivante…
La natation n’est que la deuxième passion de ce jeune Hawaïen de vingt-deux ans. Quatre ans auparavant, il a créé l’un des premiers clubs amateurs de surf. Véritable père spirituel de ce nouveau sport, il en a instauré les règles, toujours de vigueur aujourd’hui, et l’a introduit dans le sauvetage en mer. La natation y tient cependant une place essentielle, et celui que l’on surnomme « l’homme-poisson » y excelle…
Les Jeux de Stockholm constituent sa première apparition olympique. Dépêché par les Etats-Unis pour les représenter, Duke Kahanamoku fait sensation avec une technique de mouvement qui consiste à passer les bras au-dessus la tête. Cette innovation surprend tout le monde à l’époque. Aujourd’hui, on l’appelle… le crawl ! Mais grâce à elle, le Duke égale le record du monde des 100 mètres nage libre en épreuve éliminatoire. La finale semble gagnée d’avance…
Pourtant, Kahanamoku a failli ne pas y participer ! Car le jour tant attendu, les Américains arrivent en retard. Ils se sont trompés dans les horaires. Le Comité décide donc de disqualifier le jeune Hawaïen… Un participant australien intervient alors et menace de se retirer avec toute son équipe si Duke ne peut pas concourir. Cet homme, Cecil Healey, n’est autre que le rival direct de Kahanamoku !
Devant tant de fair-play, le Comité ne peut que s’incliner. Duke peut ainsi se mesurer à son fidèle rival… qu’il bat à plate couture ! Il a même tellement d’avance qu’il se permet de se retourner pour jeter un œil sur le bassin. Et malgré cette pause qui aurait pu lui être fatale, le Duke remporte la médaille d’or avec deux mètres d’écart sur Healey…
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