Le 23 août 1944, les troupes de tirailleurs algériens du général Montsabert entrent dans Marseille insurgée. La Canebière est rapidement investie mais les Allemands refusent de se rendre. Les combats reprennent autour du fort Saint-Nicolas et de Notre-Dame-de-la-Garde. La consigne : rendre intact aux Marseillais le symbole de leur ville…
Au matin du 25, dès 7h, deux bataillons de tirailleurs commandés par le général Sudre se mettent en place au rond-point du Prado et dans toutes les rues avoisinantes. Mais les itinéraire s prévus se révèlent vite impraticables. C’est un FFI qui conduit les tirailleurs algériens dans les jardins de l’évêché, où ils s’installent dans les bosquets. Une autre compagnie est guidée par un FFI marseillais qui, depuis un immeuble du boulevard Notre-Dame, fait progresser les hommes à travers les caves et les amène par un escalier discret jusqu’à la passerelle menant au funiculaire. Les soldats se regroupent, toujours à couvert, dans une courette de la montée de l’Oratoire .
A ce même moment, deux chars sont mis hors de combat, le « Jeanne d'Arc » touché par un obus, et un autre qui saute sur une mine. Par groupes de trois , les tirailleurs s’élancent et aboutissent à la porte du fort, où l’abri d’un mur leur permet de reprendre leur souffle. Entre deux rafales, ils bondissent dans les escaliers, passent le pont-levis et vont se plaquer contre les piliers du porche, tandis qu’une batterie du fort Saint-Nicolas martèle la porte du sanctuaire à coup d’obus et de balles explosives. Par miracle les assaillants parviennent à la sacristie, où les rejoint Monseigneur Borel, réfugié dans la crypte avec quelques Allemands qui se sont rendus.
A 16h30, les couleurs françaises sont hissées sur le clocher. Une messe est célébrée par le Père de Fenoyl, puis l’on improvise un repas. La consigne de Montsabert a été respectée : Notre-Dame-de-la-Garde n’a subi aucun dommage.
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