Chapitre 4  : Paris libéré : La voix de Paris

« Voulez-vous prendre l’Hôtel de Ville ? » C’est ainsi que Georges Bidault, président du Comité national de la Résistance s’adresse à Roger Stéphane, responsable FFI de Paris , dans la nuit du 19 au 20 août 1944. C’est sur le même ton que ce dernier lui répond : « - Oui, naturellement , mais quand, comment ? - Tout de suite »…

C est donc avec une quarantaine d’hommes et un armement dérisoire , quelques fusils, des revolvers et quatre mitraillettes que Roger Stéphane frappe à la p o rte de l’Hôtel de Ville. Il est 22 ou 23h. Il réveille le préfet de la Seine et le président du Conseil municipal et, après les avoir informés de sa mission, les fait conduire à la Préfecture de Police. L’Hôtel de Ville est sous le

contrôle de la Résistance.

Dans la matinée, des gens très divers arrivent à l’Hôtel de Ville : policiers, gardiens de la paix, résistants, civils. Dans l’impossibilité d’établir un contrôle quelconque, Roger Stéphane accepte tout le monde, ce qui pose assez vite un certain nombre de problèmes. Pour supprimer tout signe distinctif et tout motif de querelle, il réquisitionne les combinaisons bleues d’un grand magasin voisin et impose cet uniforme .

Il doit également faire face à un nouvelle difficulté. Comment se faire entendre de cette foule et maintenir une discipline, lui qui n’a jamais eu une voix très puissante ? Il cherche donc quelqu’un qui reste près de lui pour répéter ce qu’il aurait à dire. Son choix se porte sur un jeune homme, un acteur dont le nom ne lui dit alors rien : son deuxième film, Les petites du quai aux fleurs, réalisé par Marc Allégret, est sorti au mois de mai. Un certain Gérard Philipe…

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