>Accueil: >Chapitre IV: - L’homme des voyages - p.63
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>Extrait p.63 : "24 minutes en ballon"
  Vingt-quatre minutes en ballon  
 

La première image qui vient à l’esprit quand on évoque Jules Verne est souvent celle d’un ballon s’élevant dans l’espace. Pourtant, ce moyen de transport n’apparaît que dans deux de ses romans et une nouvelle. Verne a lui-même voyagé dans un ballon… mais seulement pendant vingt-quatre minutes.

 
 

Ce voyage a lieu le 28 septembre 1873 à Amiens. Verne a en tête un périple dans le même mode de locomotion que celui utilisé au début de son nouveau roman, L’Ile mystérieuse. Il profite donc de l’occasion qui lui est offerte par Eugène Godard, propriétaire du Météore, petit ballon de deux cent soixante-dix kilos. Un avocat et un officier sont également du voyage, ainsi qu’un singe nommé Jack.

Or, au moment où le ballon va quitter le sol, le fils de Godard, un enfant de neuf ans, escalade la nacelle pour rejoindre son père. Il est trop tard pour le faire redescendre : Godard doit jeter deux sacs de lest. Comme le fait remarquer Verne, « l’ascension ne pouvait donc être de longue durée. »

Le singe Jack est alors précipité vers le sol avec son parachute, ce qui permet au ballon de monter, jusqu'à une hauteur de huit cent mètres. Puis, raconte Verne, un rayon de soleil « pique le ballon ; le gaz se dilate, et sans qu’aucun lest ait été jeté, nous sommes portés à une hauteur de mille deux cent mètres. »

Ce voyage s’avère finalement plein de menaces. A cinq cent mètres au-dessus du sol, le ballon survole les marais et Godard envisage un instant de jeter son sac de voyage pour franchir ce lieu. Puis, les voyageurs se retrouvent près d’une cheminée d’usine dont ils regardent le fond avec un peu d’angoisse. C’est ensuite une ligne de chemin de fer qui suscite quelques sueurs froides.

Finalement, les itinérants retrouvent la plaine et, à cinq heures quarante-sept, Godard jette l’ancre. Verne fait bien sûr de ce périple un petit récit. Pour lui, ce voyage aérien n’est même plus un voyage, « c’est quelque chose comme un rêve, mais un rêve toujours trop court ! »

 
     
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