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« Dès l’âge de douze ou quatorze ans, j’avais toujours un crayon sur moi et du temps où j’allais à l’école, je n’arrêtais pas d’écrire, travaillant surtout la poésie. » Lorsque Jules Verne fait cette déclaration à un journaliste en 1904, cette passion d’écrire ne l’a toujours pas quitté.
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Devenu le romancier des Voyages extraordinaires, il organise entièrement ses journées autour de l’écriture. Levé à l’aube, il écrit toute la matinée. Les après-midi sont consacrés aux lectures et aux rencontres, afin d’engranger inlassablement la documentation qui sera ensuite utilisée dans les romans. Un simple contact, une conversation, un événement historique ou une information relevée dans un journal ou un ouvrage technique peuvent aussi l’inspirer.
Dans certains cas, Jules Verne a besoin de renseignements plus précis et s’adresse à des spécialistes. Le mathématicien Joseph Bertrand et Henri Garcet, cousin de Jules Verne et professeur de mathématiques au lycée Henri IV, sont consultés pour De la Terre à la Lune et Autour de la Lune. Quant à son frère Paul, le marin de la famille, il est l’expert attitré pour tout ce qui a trait à la navigation. Pour rédiger Sans dessus dessous Jules Verne achète à l’ingénieur Albert Badoureau le dossier technique du Titan moderne afin que le roman « repose, comme tous nos travaux antérieurs, sur les bases les plus sérieuses, malgré ses apparences ultra fantastiques ».
La rédaction des Voyages extraordinaires est pour leur auteur « la seule source du bonheur véritable », mais aussi un labeur acharné qui s’incarne dans les manuscrits. Sans relâche, Jules Verne prend des notes, rédige un premier jet qui fera ensuite l’objet d’une mise au net ou sera repassé à l’encre, échange avec Hetzel, refait des chapitres entiers dans les marges, corrige de multiples jeux d’épreuves. Jusqu’au bout, la main rhumatisante du vieillard écrira d’une graphie altérée en dehors des lignes du papier que les yeux malades ne voyaient plus. |
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