Avec l’arrivée du base-ball, du football et de l’athlétisme sous une forme structurée dans les années vingt, le succès du sport est à son comble. Le panthéon des stars peut enfin afficher le nom d’un Indien : James Francis Thorpe.
En 1912, aux Jeux Olympiques de Stockholm, le jeune Algonquin remporte deux médailles d’or, une pour le décathlon et une pour le pentathlon. Le roi Gustave de Suède, en lui remettant ses médailles, lui déclare « Sir, you are the greatest athlete in the world ». Il est acclamé comme un héros à son retour aux Etats-Unis avec une délirante parade à New York, un banquet en son honneur à Philadelphie et les félicitations du président Roosevelt. Il est même désigné en 1950 par un sondage de référence comme « le plus grand athlète de cette moitié de siècle ».
Mais ce sportif hors du commun, est disqualifié le 27 Janvier 1913 pour cause de professionnalisme. Il devient alors le sujet d’une controverse sur la nature de l’amateurisme en sport qui dura soixante-dix ans. En effet, six mois après les Jeux, un obscur journal de province affirme que Thorpe a joué pour vingt-cinq dollars par semaine dans une équipe de base-ball. The Amateur Athletic Union lui retire son statut d’amateur et le Comité international olympique exige qu’il restitue ses médailles pour les remettre aux seconds. Son nom est même «gommé » des comptes-rendus des Jeux.
En 1972, un historien journaliste, Robert Wheeler alerte le Comité olympique des Etats-Unis sur le fait que la disqualification était illégale car hors-délai. Cette requête se heurte à l’intransigeance d’un certain Avery Brundage, président du CIO. Brundage trouve peut-être dans cette affaire sa revanche des Jeux de 1912 où il fut largement battu par son coéquipier amérindien.
Sa famille reçut enfin les deux médailles d’or en 1984 des mains de Juan Antonio Samaranch, trente et un ans après sa mort. Les seconds des disciplines concernées avaient refusés les médailles, arguant que quoi qu’ait pu faire Thorpe, il restait le meilleur à leurs yeux.
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