Chapitre 3 : Dans l’ombre des braves :
Lady Rebecca


Mars 1617, le bateau vient de quitter Londres pour Jamestown. Lady Rebecca n’a pas revu la Virginie depuis de longs mois et la perspective de retrouver ses terres natales réveille en elle la petite Pocahontas, fille préférée de Wahunsonacock, chef de la Confédération de Powhatan.

L’accueil à Londres a été digne de celui que son père destine aux colons. La lettre de John Smith adressée à la reine Anne a permis à « la sauvage bien pensante » de recevoir les honneurs dus à son supposé rang de princesse indienne. Smith a certainement du affabuler sur la prétendue intervention de la jeune Matoaka (nom indien de Pocahontas) pour le sauver de l’exécution. Ces histoires lui auront au moins permis de fréquenter la cour, de rencontrer le roi James 1er et d’avoir l’honneur d’un portrait.

Kidnappée en 1613 en échange de tous les prisonniers de guerre anglais, elle a été gardée captive. John Rolfe, qui a développé l’industrie du tabac en Virginie, a joué un rôle important en la «convertissant » aux coutumes anglaises ainsi qu’à la religion anglicane. Rebaptisée Rebecca, la jeune femme a contracté avec le capitaine Rolfe une union plus diplomatique que romantique. Tout comme pour Pocahontas, mariée initialement à un chef local, il s’agit là de secondes noces.

Aux côtés de la « princesse » sur le navire, le fidèle Tomocomo, homme de confiance de son père, est inquiet. La santé de sa protégée et la mission qu’il n’a pu mener à bien l’inquiètent. Le chef powhatan lui a demandé de compter les Londoniens, mais comment « compter les étoiles dans le ciel, les feuilles sur les arbres et les grains de sable sur le rivage » ? John Rolfe s’occupe de leur fils Thomas. Peutêtre sait-il déjà que la maladie aura raison de la volonté de sa femme de regagner son pays.

Le vaisseau doit mouiller à Gravesend et Rebecca expire à l’âge de vingt et un ans. Suite au compte-rendu de Tomocomo sur les Anglais et à la perte de sa fille, le vieux chef powhatanmeurt de chagrin un an plus tard.