Chapitre 1 : Une Nation contre des Nations : Le dernier carré de Custer


Le 25 juin 1876, vers seize heures, en bordure de la sinueuse rivière Little Big Horn, le plus grand chef de guerre des Oglalas, Crazy Horse, mène une bataille historique contre le 7 e régiment de Cavalerie du général George Armstrong Custer. Il s’agit de la plus grande mais de la dernière victoire indienne.

Impressionnés par la prophétie de Sitting Bull selon laquelle les cadavres des soldats « tombaient du ciel tout droit dans notre camp », près de trois mille braves installent leur campement dans l’est du Montana. A leur tête, Tashunke Witko (Crazy Horse) et bon nombre de valeureux chefs. Crazy Horse refuse l’enfermement permanent des réserves et revendique le droit de parcourir les plaines à bisons du Haut Missouri, conformément au traité de Laramie de 1868. A quelques miles du camp, la cavalerie s’apprête à charger.

Bien que prévenu que le nombre d’Indiens soit supérieur à celui des balles dans les cartouchières de ses soldats, Custer veut la gloire du 7e. Sa témérité insensée va se heurter au plus grand rassemblement de Sioux, Cheyennes et Arapahos jamais vu dans les Grandes Plaines.

Après avoir repoussé l’attaque des Majors Reno et Benteen, Crazy Horse part prendre à revers les cinq compagnies de Custer. Revêtu d’une coiffe surmontée d’un faucon noir, il va mettre fin à la tumultueuse carrière du Boy general. L’affrontement est bref et désordonné. Plus de deux cent soixante Longs Couteaux sont massacrés et seul le cheval comanche de Custer survit. Crazy Horse conduit un nouvel assaut contre les troupiers de Reno et de Benteen. Le siège dure toute la nuit jusqu’à l’arrivée de nouvelles troupes commandées par le général Terry. Le 6 juillet 1876, le Bismarck Tribune annonce le « massacre » de Little Big Horm, honteuse défaite qui frappe de stupeur la nation blanche qui n’a désormais de cesse de venger son héros aux cheveux blonds. Crazy Horse tente de résister, mais le froid et la famine ont raison de sa bravoure. Il se rend et meurt assassiné l’année suivante à Fort Robinson.