En octobre 1492, l’explorateur génois Christophe Colomb, à la recherche d’une voie maritime vers l’Orient, découvre d’«immenses multitudes » d’êtres étranges et non chrétiens qu’il nomme « Indiens ». En quelques siècles, les « hommes venus du ciel » dépossèdent les Indiens de ce Nouveau Monde recelant d’immenses richesses, par trop inexploitées.
L oin de toute sauvagerie, Colomb dépeint les Indiens comme des « gens de cœur excellent, ignorant la cupidité, plein de douceur. Il n’est au monde ni meilleurs hommes, ni meilleur pays. Ils sont naïfs et généreux de ce qu’ils possèdent, à tel point que nul ne le croirait sauf celui qui l’a vu. Ils s’efforcent de s’allier à nous en nous donnant des choses qu’ils ont en abondance, et qui nous font défaut. »
Cette vision naïve d’indigènes ayant conservé leur innocence originelle se heurte à des milliers d’années de peuplement et d’exploitation du continent américain. Profitant d’un radoucissement climatique, des chasseurs-cueilleurs venant d’Asie traversèrent le détroit de Béring alors libéré de sa gangue glacière environ treize mille cinq cents ans avant JC. Les archéologues avancèrent la thèse d’un peuplement homogène unique amérindien.
Découvert en 1996, « L’homme de Kennewick » remet en cause cette théorie. Le squelette présente des caractéristiques de type « caucasien », c’est-à-dire européen. « Le Grand Ancêtre » ne semble pas être un ascendant direct des Natifs actuels. Cette découverte suppose donc que les Indiens ne sont pas les premiers Américains comme ils le revendiquent. Les répercussions sont alors importantes.
En vertu d’une loi fédérale datant de 1990, les Amérindiens ont obtenu le droit de réclamer les ossements, bloquant ainsi les recherches scientifiques. Alors que la science et la politique s’affrontent, les Indiens peuvent continuer à exiger légitimement des droits d’un état qui les a spoliés de leurs terres un certain mois d’octobre 1492.
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