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Maurice, l’île aux corsaires

Trop, c’est trop ! Les Anglais veulent en finir avec cette île de France qui les nargue depuis si longtemps. En cette année 1800, l’« ogre du bengale » qui écume les mers du sud a encore frappé en capturant le Kent, un des plus gros vaisseau de l’East India Compagny. Une expédition est lancée sur les possessions françaises de l’océan Indien. Point de mire : Port-Louis, quartier général du jeune corsaire de 24 ans, Surcouf. L’ogre en question…

Port-Louis a été fondé par Mahé de la Bourdonnais, sur l’île prise aux Hollandais en 1715, et rebaptisée « Isle de France ». Sa situation stratégique, sur la route du commerce avec les Indes en fait un point de passage obligé pour les nombreux navires de commerce. La colonie est pour la France « la clé et l’étoile de l’océan Indien », avec ses riches plantations… et ses corsaires.

Car le commerce n’intéresse pas que les commerçants… Et la France, en conflit perpétuel avec les autres puissances européennes encourage « la course » à l’encontre des convois anglais et hollandais de retour des Indes chargés de riches cargaisons. En 1793, il y a jusqu’à 111 bâtiments corsaires dans l’océan Indien ! La Révolution n’a pas, loin de là, mis un terme à la pratique…

En 1810, après avoir envahi l’île Bonaparte (la Réunion), les navires anglais atteignent Port-Louis et s’emparent de l’île, non sans avoir au préalable subi une défaite à Grand-Port. La France est bientôt chassée de la région par la prise des Seychelles. L’heure des corsaires a sonné…

Cependant, beaucoup de colons Français restent : le traité de Paris leur garantit le maintien de l’usage de leurs coutumes. Rebaptisée Maurice, la prise de contrôle de l’île par les Anglais se traduit par son insertion au sein de l’immense Empire britannique. Bientôt viendront s’y installer les commerçants chinois, puis les travailleurs « volontaires » indiens.

Le français jouit à Maurice d’une position privilégiée, à côté des autres langues comme le créole et l’anglais bien sûr, mais aussi l’hindi, l’urdu, ou le mandarin. Multilingue, marquée par la diversité religieuse, cette société multiculturelle a été mise à l’honneur lors du Sommet de la Francophonie en 1993.

Bien que très pacifique, l’île reste cependant attachée à son glorieux passé corsaire : la capitale Port-Louis n’est-elle pas jumelée depuis 1999 avec Saint-Malo, ville de François Mahé de la Bourdonnais… et du Malouin Surcouf ?

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