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Accueil >Discours de Churchill |
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6 septembre 1943, discours à l’université de Harvard, Boston |
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Après s’être battu jusqu’en décembre 1941 pour l’entrée en guerre des Etats-Unis, Churchill continue de travailler à l’approfondissement de l’axe commun. L’une de ses visites est l’occasion d’être fait diplômé honoraire de l’université de Harvard. |
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Deux fois dans mon existence j’ai vu le bras puissant de la destinée aller chercher par–delà les océans pour les plonger dans un affreux combat toute la vie et la communauté humaine des Etats-Unis d’Amérique. Il ne servait à rien de dire : « nous ne voulons pas de cela ; nos ancêtres ont quitté l’Europe pour fuir ces querelles : nous avons fondé un nouveau monde qui n’a rien à voir avec l’ancien ». Cela ne servait à rien. Ce bras puissant se saisit sans état d’âme et bouleverse tout, existences, environnements… Comment expliquer cet étrange fait, Monsieur le Président, et à quelles lois obscures répond-il ? J’ai pour ma part une explication –il y e n a sûrement d’autres mais une celle-ci suffira. Le prix de la grandeur est la responsabilité. Si le peuple américain avait continué à se cantonner à ses affaires, […] peut-être serait-il demeuré oublié et tranquille derrière la protection des océans. Mais nul ne peut se dresser pour être, par bien des côtés, le chef de file du monde civilisé sans être concerné directement par ses problèmes […] Cela a été prouvé par le passé et continuera d’être dans le futur : le peuple des Etats-Unis ne peut échapper à sa responsabilité mondiale. Il n’y a pas en la matière de demi-mesure. Nous avons atteint un point auquel il n’y a plus de retour possible. Il nous faut poursuivre. L’alternative pour le monde est l’anarchie ou l’ordre. […] La loi, le langage, la littérature sont des facteurs essentiels. Nous avons des conceptions semblables de ce qui est souhaitable et bon, un goût égal de l’équité, notamment envers les pauvres et les faibles, et d’une justice impartiale, et par-dessus tout nous avons en commun l’amour de la liberté individuelle […]. Tout cela constitue un héritage commun présent des deux côtés de l’océan chez les peuples de langue anglaise. Nous sommes attachés à ces idéaux autant que vous. […] On dit que le grand Bismarck –car il y a eu parfois de grands hommes en Allemagne- disait au soir de sa vie que le plus puissant facteur dans la société humaine de la fin du XIXème siècle était le fait que les Anglais et les Américains parlent la même langue. C’était une parole profonde. […] Le don d’une langue commune est un héritage inestimable et cela pourrait un jour devenir le ciment fondateur d’une citoyenneté commune. […]
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