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Accueil >Extrait inédit |
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Celui qui croyait au ciel |
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Volontiers défenseur de l’institution religieuse pour son rôle social dans l’équilibre politique du royaume, en charge des affaires de l’Eglise anglicane lorsqu’il est Premier ministre, Churchill a toujours été discret sur les sentiments personnels qui l’attachaient à la religion. |
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Seul des témoins proches qui l’ont accompagné durant des années, Lord Moran, qui fut son médecin de 1940 à sa mort, rapporte en plusieurs occasions des conversations dans lesquelles Churchill l’interroge: « Je suppose que vous croyez à une vie après la mort ? » ajoutant: « vous avez été formé dans la logique. Je voudrais savoir pourquoi vous y croyez ? . » |
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Plus simple il est vrai que les questionnements intimes sont les prises de positions lorsque Churchill est sollicité par un tiers pour réagir à ce sujet. Réapparaît alors une distance toute britannique - et volontiers moqueuse. |
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Un soir de 1942, conversant à bâtons rompus avec le ministre Jan Smuts, qui défend l’idée que Gandhi est supérieur aux hommes politiques occidentaux parce qu’il fait appel aux motivations religieuses, le Premier ministre botte ainsi en touche en souriant : « Pourtant, moi, j’ai fait plus d’évêques que quiconque depuis Saint Augustin ! » |
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Près de quinze ans plus tard, sollicité par la BBC pour participer à un débat sur le thème « le christianisme contre l’athéisme », Churchill, qui n’est plus Premier ministre depuis seulement quelques semaines, remplit encore avec aisance les rôles cumulés de défenseur de l’ordre et d’ennemi des biens-pensants. Au journaliste qui répond à ses critiques acerbes sur le titre du débat en objectant que sa mission est de permettre à chacun de s’exprimer, Churchill réplique avec humeur : « Oui, et je suppose que si la BBC avait eu l’occasion de remplir sa mission il y a deux mille ans elle aurait offert le même temps de parole à Jésus et à Judas. » |
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