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Extrait: Chapitre 1 « Les belles de Cannes », page 25 |
"Sous le signe de l’Ange bleu" |
L’affiche du Festival de Cannes 1992 restera inoubliable : en gros plan, le visage d’une des plus grandes actrices de tous les temps, Marlène Dietrich. Celle-ci, alors âgée de quatre-vingt onze ans, vit recluse depuis longtemps. Quand Cannes s’apprête à lui rendre hommage, comme si elle était éternelle, l’Ange bleu replie ses ailes...
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Magnifiée dans L’Ange bleu par Joseph von Sternberg, Marlène Dietrich, longtemps rivale de Greta Garbo, était devenue un mythe du cinéma, l’incarnation même de la femme fatale avec son visage anguleux, sa voix rauque et ses jambes interminables.
Mais à soixante ans, elle avait commencé à s’effacer, en douceur, ne faisait plus que de rares apparitions à l’écran, puis elle s’était retirée dans la solitude, entretenant sa légende. On la croyait oubliée, mais en 1991, pour son quatre-vingt dixième anniversaire, le monde entier lui avait rappelé l’amour et la passion qu’elle a su si bien incarner.
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Alors, en 1992, Cannes souhaite lui rendre hommage. Le Festival lui est dédié et l’affiche lui est consacrée. Une très belle photo de Don English, a été choisie, tirée du film Shanghai Express. Une fois encore, son visage devient symbole. Mais malheureusement c’est aussi un ultime hommage, car Marlène Dietrich s’éteint le 6 mai, veille de l’ouverture du Festival. Un voile noir vient alors assombrir l’événement.
Le festival s’ouvre néanmoins le 7 mai avec la projection, hors compétition, du sulfureux Basic Instinct réalisé pas Paul Verhoeven. Le public français découvre alors une nouvelle incarnation de son fantasme féminin. Belle et sensuelle, Sharon Stone enflamme la Croisette et son sourire éclatant fait oublier, l’espace d’un instant, ce deuil que tout le cinéma porte. |
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