L’euphorie est complète et se prolonge au-delà du 12 juillet. L’union nationale est proclamée. Zinédine Zidane en est le symbole et le garant. Pendant ce temps-là, Jacques Chirac et Lionel Jospin gagnent respectivement quinze et dix points dans les sondages…
Zinédine Zidane prend place dans le bus à impériale qui descend les Champs-Élysées. Nous sommes le 13 juillet, la parade va durer une bonne partie de l’après-midi. Six cent mille personnes acclament une nouvelle fois leur héros et répètent ce slogan : « Zizou président ! ». Le héros tient Enzo dans ses bras, lui donne la Coupe du monde. Le car n’avance plus malgré cinq compagnies de CRS. Zidane est réclamé. Il faut toucher le prophète. Les policiers du RAID optent pour un repli stratégique dans la partie fermée du car. On le cache.
Le lendemain c’est la garden-party de l’Elysée, où les invités entonnent l’autre chant de la victoire : « Et un, et deux et trois zéro… ». Sur le perron, on immortalise l’instant. Il est au troisième rang. Là encore, ça se bouscule autour de lui. Il préfère rejoindre Véronique dans les salons.
Sa vie vient de basculer. Il le comprend très vite. Sa nouvelle popularité l’enchante, mais le dépasse. Il ne s’explique pas son poids sur la société française et les analyses des intellectuels de tous bords. Il refuse de rentrer dans le débat. Il reste imperturbablement lui-même.
Après deux mois loin de la maison, Il aspire surtout à retrouver les siens, à rattraper le temps perdu. La ferveur est toujours là, mais lui s’est éclipsé en famille, laissant les sunlights des boîtes de nuit et les plateaux télé aux autres.
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