Extrait

Chapitre 3 : Des buts de légende

Une tête historique

 


Que dire de ce 12 juillet ? Comment raconter cet incroyable doublé, revu en boucle ? Comment vaincre ce frisson qui nous parcourt l’échine par deux fois ? Les crépitements ininterrompus de flashs, les tribunes bleues de bas en haut, l’atmosphère est irréelle, étouffante. La France entière retient son souffle.

La confidence est de Zinédine Zidane lui-même. S’il a un talon d’Achille, il faut le chercher dans les airs. Son jeu de tête laisse parfois à désirer. Il doit encore progresser dans ce domaine, souffle-t-il avant le Mondial des Bleus.
Nous sommes à la vingt-septième minute. Tout ce qui a pu se passer avant (le malaise de Ronaldo, les occasions brésiliennes, le raté de Stéphane Guivarc’h…) va bientôt s’effacer. Emmanuel Petit récupère le ballon et va le positionner d’un pas décidé au coin droit. Son côté. Il en a la charge. Des corners travaillés inlassablement à l’entraînement. Il sait qu’il va placer sa balle au premier poteau.

Zidane danse dans la surface. Un ballet ordinaire. Un rituel pour tromper la vigilance de l’adversaire. Il sait qu’il va se faufiler au premier poteau. La chorégraphie, tant de fois répétée, atteint la perfection. Zizou place une tête tournante et piquée qui trompe tout le monde. Il exulte, embrasse le coq cousu sur son poitrail.
Le match continue, les percussions brésiliennes donnent toujours le tempo. On s’achemine vers la pause. La finale rêvée tient toutes ses promesses. Une minute d’arrêt de jeu. Nouveau corner. À gauche, cette fois. Le côté réservé à Youri Djorkaeff. Pourquoi ne pas retenter ce qui a déjà marché ? Zizou est surveillé. L’arrière-garde brésilienne n’entend pas se faire bisser. Zidane est statique. Un nouveau leurre. Il s’apprête à piquer un sprint. Premier poteau, la tête est pleine lucarne. Il est vénéré.
Ce soir du 12 juillet, Zinédine Zidane est élu président sur un double coup de tête.

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