Rarement une
ville et un homme ont été aussi étroitement
liés. Son portrait, qui s’étale
sur une fresque haute de dix mètres, orne le
mur de la Corniche face à la mer, avec comme
seule légende « Made in Marseille ».
Il est l’enfant d’un pays, la fierté
d’une cité et l’ambassadeur d’une
ville, Marseille, qui l’a vu grandir et atteindre
les sommets.
Lorsque Zinédine Zidane parle de Marseille, il
résume, à son image, en toute simplicité
et humilité : « C’est ma ville, c’est
tout. » Dans la ville méridionale, capitale
hexagonale du football et patrie de l‘OM, la simple
évocation du nom de Zidane déchaîne
les passions, provoque toutes sortes de témoignages.
Et l’histoire de Zizou de tourner très
vite à la prophétie. Pour cause Zizou,
né à Marseille le 23 juin 1972, est érigé
en symbole dans la cité phocéenne.
Fils d’immigrés kabyles, Zinédine
pour les uns, Yazid pour sa famille et ses amis, grandit
dans les quartiers nord de Marseille, dans la cité
de la Castellane, avec ses trois frères et sa
sœur. C’est là, place Tartane, sur
une dalle de béton, qu’il apprend le foot
et inscrit ses premiers buts entre deux bacs à fleurs.
À l’occasion, Zizou s’installe dans
le virage nord du stade Vélodrome. Il y voit
en 1984, l’équipe de France
d’un certain Michel Platini s’imposer face
au Portugal lors d’une demi-finale épique
du championnat d’Europe. Zidane vibre surtout
aux exploits de « l’Ohême »
tout juste repris par Bernard Tapie. Il y découvre
Enzo Francescoli, son idole.
Son autre modèle ? Nordine, son frère,
brillant footballeur qui attise les convoitises de clubs
réputés, dont l’AS Saint-Étienne.
Smaïl Zidane, son père, s’y oppose.
Quelques années plus tard, par contre, lorsque
les dirigeants cannois frappent à sa porte pour
enrôler Zinédine, il se montre plus conciliant.
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