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Faux départ. Toute la procédure est à recommencer, la concentration à reconstruire. Le championnat est déjà joué. Alain Prost tient en poche, bien au chaud, son quatrième titre mondial. Ses cinquante et une victoires sont bien à lui aussi : c’est le record absolu, que lui disputeront peut-être demain ses adversaires. Senna sans doute ; Damon Hill, Jean Alesi peut-être ; ou encore ce Michael Schumacher, qui s’annonce si rapide. Ce ne sera plus son souci, il a annoncé sa retraite en fin de saison.
Deuxième faux départ ! Nouveau tour de chauffe… À quoi pense Alain ? À sa course ; partir sur une nouvelle victoire serait formidable, mais ce diable de Senna a réussi à s’emparer de la pole, juste devant lui…
C’est parti pour de bon. Alain tient Ayrton en ligne de mire, passe en tête un instant quand celui-ci ravitaille, puis stoppe lui-même. Mais les mécanos Williams, vieille complainte, sont plus lents que ceux de McLaren et Senna s’envole. Il faut même résister à Damon Hill qui s’emploie au maximum et le talonne. Le classement restera : Senna, Prost, Hill. Alain n’améliore donc pas le plus beau de ses records : celui du plus grand écart entre la première et la dernière victoire en F1 : douze ans et vingt jours ! Dijon 1981, Hockenheim 1993, deux victoires avec Renault.
L’arrivée, les gants que l’on enlève, puis le casque, tout en serrant les mains tendues, innombrables. Les membres de l’équipe, les adversaires, les anonymes, tout le monde tient à toucher Prost le pilote, qui va disparaître pour laisser place à Prost, l’homme. Dernière formalité : le podium, le cent-sixième, autre record absolu. Une main tendue encore : celle d’Ayrton Senna, l’adversaire majuscule, l’ennemi même parfois, qui vient encore de le frustrer d’une victoire. Mais il prend la main tendue et se sent hissé. Alain Prost quitte la Formule 1 sur la plus haute marche.
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