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>Lettre de Victor Hugo à Juliette Drouet, le 20 février 1849
Tu as raison, ce jour-ci est aussi un doux et charmant anniversaire. Je n'oublierai jamais cette matinée où je sortis de chez toi, le cœur ébloui. le jour naissait, il pleuvait à verse, les Masques déguenillés et souillés de boue descendaient de la Courtille avec de grands cris et inondaient le Boulevard du Temple. Ils étaient ivres et moi aussi ; eux de vin, moi d'amour. A travers leurs hurlements, j'entendais un chant que j'avais dans le cœur. Je ne voyais pas tous ces spectres autour de moi, spectres de la joie morte, fantômes de l'orgie éteinte, je te voyais, toi douce ombre rayonnante dans la nuit, tes yeux, ton front, ta beauté, et ton sourire aussi enivrant que tes baisers. O matinée glaciale et pluvieuse dans le ciel, radieuse et ardente dans mon âme !
>Correspondance 1833-1883, Victor Hugo, Juliette Drouet
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Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ; Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue ; Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ; Je sentis tout mon corps et transir et brûler. Je reconnus Vénus et ses feux redoutables, D'un sang qu'elle poursuit tourments inévitables.
>Phèdre, Jean Racine
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Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
>Les Fleurs du Mal , Charles Baudelaire, « A une passante »
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