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La première valse de Sissi
Le jeune Empereur François-Joseph a envie d’être amoureux. Sissi, pas vraiment. De toutes façons, leurs destins sont écrits autrement par leur famille. Mais vient la magie du premier regard...
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La campagne autour de Salzbourg brûle en cet été 1853. La calèche progresse lentement. Sissi a éclaboussé sa robe en donnant à boire aux chevaux. Peu lui importe. Ni le retard, ni les vilaines robes noires qu’elles ont toutes, sa mère, sa sœur Hélène, la gouvernante, car elles portent le deuil d’une lointaine parente. Et puis c’est Hélène qui doit rencontrer pour la première fois son futur mari, son cousin François-Joseph, l’Empereur d’Autriche-Hongrie.
Hélène est bien pâle lorsque la famille parvient enfin à la résidence d’été des Habsbourg. Sa migraine l’a reprise toute entière. Sissi, elle, s’est recoiffée à la diable. Jamais elle n’a été si jolie, si sauvageonne. Du haut de ses vingt-trois ans, le jeune empereur remarque tout de suite cette adolescente gracile. Il ne connaît rien ou presque de l’amour. Soudain, c’est près d’elle qu’il veut passer sa vie.
Elle aussi sent son cœur s’alourdir, s’arrêter presque. Il y a quelques minutes encore, elle croyait que l’amour ne serait jamais pour elle. Elle n’en voulait plus. Pour avoir adoré un petit frère, mort un jour de pneumonie. Et désiré platoniquement un écuyer qui lui ressemblait tant et que la maladie a emporté, lui aussi. Elle s’est persuadée qu’elle porte malheur.
Que tout cela lui semble absurde depuis quelques minutes. Un interminable goûter viennois commence avec d’énormes gâteaux et des litres de chocolat brûlant. On l’a placée loin de l’empereur, tout au bout de la table, à côté de la gouvernante qui l’incite naïvement à s’empiffrer autant qu’elle. Ils n’ont pas échangé un mot. Demain, François-Joseph dira à l’Archiduchesse, sa mère, que c’est elle qu’il veut et non Hélène. Et la future Elisabeth d’Autriche soupirera : « Si seulement il n’était pas l’Empereur… »
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