Winston Churchill Livre
 
 
 
     
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  Extrait Chapitre 2 « Le courage », page 40.  
       
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  Sauvé par un « lapin »
 
 
Chassé du gouvernement en 1915, Churchill se réengage et gagne le front français. Fidèle à sa légende, il part accompagné de nombreuses caisses d’alcool et fait installer une baignoire et une chaudière en première ligne…
 
   
Là, Churchill renoue avec son goût du danger, s’exposant au feu avec la plus grande témérité. Tout cela sans quitter la désinvolture feinte qu’il affectionne, expliquant que s’il a préféré la première ligne à l’Etat-Major, c’est que là-bas on ne boit que du thé alors qu’ici on est moins regardant sur la nature de la boisson consommée !
 
 
Mais tout le monde ne goûte pas le retour de Churchill sur le front. L’ancien Ministre doit avaler un certain nombre de couleuvres, tâche dont il s’acquitte en bougonnant mais sans mauvaise volonté. Appelé un matin par un général en inspection qui souhaite le rencontrer, il se trouve ainsi contraint de parcourir trois kilomètres derrière ses lignes, abandonnant son QG, sa baignoire et son brandy, pour rejoindre le carrefour où doit avoir lieu le rendez-vous. Arrivé à l’heure, Churchill patiente en vain. Une heure plus tard, il est toujours seul et la pluie commence à tomber. Remontant sa capote jusque sur le casque français qu’il arbore par élégance, Winston fait les cent pas lorsqu’une estafette vient lui annoncer que le chauffeur s’est trompé de carrefour, qu’il est trop tard pour fixer un autre rendez-vous et qu’il vaut mieux abandonner pour aujourd’hui.
 
 
Tout le long du chemin de retour, Churchill laisse éclater sa colère d’autant plus vivement que la pluie redouble. Trempé, il ne pense plus qu’au bain chaud qui l’attend. Mais en arrivant à proximité de sa tranchée, il découvre que son abri si douillet n’est plus qu’un tas de ruines fumantes. Un obus allemand l’a en effet écrasé cinq minutes après son départ…
 
 
Ce qui amènera Churchill à ce commentaire : « Ce général me redevint soudain très sympathique et je trouvais tout à coup touchante l’attention qu’il avait eue de vouloir me rencontrer. »
 
 
 
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