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La réussite d’une équipe de football demeure une chose bien
mystérieuse. Car il ne suffit pas d’aligner les meilleurs
joueurs pour être assuré de l’emporter. Encore faut-il qu’ils
sachent jouer ensemble et que chacun soit au poste où il pourra
exprimer au mieux ses capacités. C’est ce que découvre Robert
Herbin lors de sa première année comme entraîneur…
Lorsqu’en 1972, Robert Herbin prend en main
les destinées de l’équipe professionnelle suite au départ
d’Albert Batteux, son expérience en tant qu’entraîneur est
inexistante. Mais la confiance et le respect que lui témoignent
ses ex-coéquipiers l’encouragent dans cette voie, et il accepte
le défi.
Car il songe depuis longtemps à une telle
reconversion, tout en sachant que la simple expérience de
joueur ne saurait être suffisante pour devenir un grand entraîneur.
Et c’est à l’Institut national des sports de Vincennes où
il suit une formation au métier d’entraîneur que son destin
bascule. Au milieu du stage, il voit un jour arriver Roger
Rocher en personne, qui lui demande officiellement de devenir
l’entraîneur de l’équipe première.
Robert Herbin a l’avantage de connaître
parfaitement les joueurs de l’équipe puisque ceux-ci étaient
encore tous ses coéquipiers quelques mois auparavant. Il accepte
donc, mais afin de renforcer l’effectif, Herbin charge Pierre
Garonnaire de recruter Yvan Curkovic, gardien confirmé du
Partizan de Belgrade, et Osvaldo Piazza un défenseur central
argentin talentueux. Paré de ces nouveaux joueurs, de cadres
d’expériences et de jeunes prometteurs, Herbin est serein
à l’entame de la saison 1972 - 1973. Et il souhaite vivement
que son équipe développe un jeu tourné vers l’offensive à
l’instar du modèle que représentait l’Ajax d’Amsterdam.
Mais les débuts sont difficiles et l’équipe
ne parvient pas à trouver son équilibre. De lourdes défaites
succèdent sans raison logique à de belles victoires. Herbin
s’en va demander conseil à Albert Batteux… qui l’encourage
à trouver seul sa voie. La situation s’est encore dégradée
lorsqu’en fin de saison l’équipe se présente à Nancy avec
une défense plus fébrile que jamais. Grâce à une nouvelle
disposition tactique, Herbin espère enfin parvenir à la consolider.
Mais il doit vite déchanter, et l’ASSE repart de Nancy avec
une défaite 4 - 0.
Alors que les joueurs sont encore sous
la douche, Herbin se présente devant des journalistes qui
s’attendent à accueillir un entraîneur abattu et découragé.
Au lieu de cela, ils voient arriver un Robert Herbin détendu,
souriant, qui leur déclare sans préambule : « Je suis très
satisfait par ce que je viens de voir ! Je crois que l’équipe
fera parler d’elle dès la saison prochaine ! »
Un instant, les reporters croient à une
plaisanterie déplacée. Mais devant le sérieux affiché par
Herbin, ils doivent se rendre à l’évidence : l’entraîneur
des Verts est devenu fou. Pourtant, Robert Herbin vient tout
bonnement de trouver la solution à une grande partie de ses
problèmes défensifs. Au cours de cette défaite catastrophique,
il s’est rendu compte que la bonne charnière centrale était
le duo Piazza - Lopez. L’entente mettra six mois à se roder…
avant de devenir la meilleure défense centrale d’Europe. Herbin
ne plaisantait pas.
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