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Si une équipe de football dépend évidemment des talents individuels
qui la composent, elle est, bien au-delà de cela, un équilibre
entre les diverses personnalités qui coexistent. Seule une
alchimie rare et délicate permet de trouver dans un groupe
l’ensemble des qualités qui en feront une grande équipe. Tel
était le cas de Saint-Etienne au temps de Vladimir Durkovic…
Aux côtés de Robert Herbin et sous la férule
de Jean Snella, puis d’Albert Batteux, deux joueurs majeurs
forment l’ossature de l’équipe stéphanoise à partir de 1967.
Arrivés à quelques mois d’intervalle, ils ont pour nom Salif
Keita et Vladimir Durkovic.
Si le premier est un joueur d’exception,
attaquant de race et d’instinct, le second est un immense
professionnel qui a marqué de son empreinte et de son caractère
l’histoire de l’ASSE.
Intransigeant, il ne supporte pas la défaite
et pousse sans cesse ses partenaires, afin qu’ils refusent
toujours d’abdiquer. Ses colères mémorables n’épargnent personne.
Il faut dire que son palmarès est déjà significatif lorsqu’il
arrive à Saint-Etienne : il a connu le plus haut niveau européen
avec ses clubs précédents, l’Etoile Rouge de Belgrade et le
FC Moenchengladbach. Il est en outre international yougoslave
et durant le mondial chilien de 1962, est parvenu avec son
équipe jusqu’à la place de quatrième.
Outre son immense expérience, il apporte
à l’Association Sportive de Saint-Etienne une mentalité de
gagneur à toute épreuve. Doté d’une carrure remarquable, il
est écouté quand il parle, à commencer par ses partenaires.
Et lorsqu’il prend la parole au soir d’une défaite concédée
sans réaction face au Bayern de Munich, afin de dénoncer l’attitude
inadmissible de certains joueurs, personne n’ose le contredire.
Cette force de caractère, Durkovic sait
la concentrer toute entière dans son incroyable regard, dont
la dureté en impose à tous. Si ses adversaires en frémissent,
elle n’est pas non plus dénuée d’effet sur ses propres coéquipiers.
Ainsi un jour, Salif Keita s’est confié à son capitaine Robert
Herbin :
« Lorsque je fais une bêtise sur le terrain,
j’évite de me retourner. Je sais que Durkovic me regarde,
et il me fait peur… ».
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