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Qualifiés pour la demi-finale de coupe de France après avoir
atteint la demi-finale de coupe d’Europe, les Verts sont quasiment
assurés d’accomplir une saison de rêve. A deux journées de
la fin du championnat 1974-1975, il leur manque un seul point
pour être sacrés champions de France. La venue des Bastiais
semble être l’occasion idéale de clore le suspens…
C’est sous un orage torrentiel que le coup
d’envoi est donné. Les Verts sont déterminés mais face à eux,
les Bastiais entendent vendre chèrement leur peau. Sur une
pelouse glissante, ils maîtrisent parfaitement les assauts
stéphanois, et se montrent même dangereux en contre-attaques.
A la douzième minute, c’est le coup de
théâtre : sur un centre de Broissart, Vergnes réussit une
pichenette et trompe Curkovic. Bastia mène 1-0, ce qui a le
don d’exaspérer les Verts. Ils se ruent à l’assaut des buts
gardés par Weller mais le gardien corse, en état de grâce,
parvient à garder sa cage inviolée jusqu’au repos. Le public,
qui a courageusement bravé l’intempérie pour assister au sacre
de ses favoris est déçu, mais l’espoir demeure.
A la reprise, les Verts reprennent leur
domination mais se montrent toujours aussi brouillons. Les
Bastiais ne se démontent pas et développent des contre-attaques
de plus en plus dangereuses. A la soixante-dixième minute,
ils obtiennent un corner tiré par Broissart, pour la tête
de Neumann qui double la marque !
2-0 à vingt minutes de la fin, sous une
pluie qui redouble : les affaires sont mal engagées… Qu’à
cela ne tienne, les Verts se ruent une nouvelle fois à l’attaque
et soudain, à dix minutes du coup de sifflet final… panne
de courant ! Les projecteurs ont cédé sous l’orage, et le
stade se trouve plongé dans l’obscurité !
Les deux équipes rentrent au vestiaire
en attendant que l’incident soit réparé. Que se passe-t-il,
durant ces vingt-cinq minutes d’intimité entre Robert Herbin
et ses joueurs ? Quels mots invente-t-il afin de les persuader
que tout est encore possible ?
Le jeu reprend et l’équipe est transformée.
Soixante secondes plus tard, le public sourit à nouveau :
Synaeghel vient de réduire le score. A la quatre-vingt troisième
minute, les spectateurs sont en folie : Piazza, de la tête,
vient d’égaliser. Mais ils n’ont encore rien vu : deux minutes
plus tard, c’est au tour de Repellini de propulser le ballon
au fond des filets ! Face à des Bastiais médusés, les Verts
ont une nouvelle fois rétabli une situation désespérée. Ils
peuvent dignement fêter leur huitième titre de champion de
France.
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