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Beaucoup de personnalités politiques s’essaient aujourd’hui à cet exercice, est-ce un passage obligé ?

YJ : Le lien entre littérature et politique est une tradition française. Mais on attend sans doute davantage les politiques dans le domaine des biographies des essais. 1661 n’entre pas dans une logique de carrière, comme une étape à franchir dans je ne sais quel parcours d’apprentissage. Ecrire ce roman a été comme une respiration ! Me plonger pendant des mois dans une épopée en plein cœur du 17 ème siècle m’a permis de sortir de l’univers, parfois un peu sclérosant du monde politique, mais aussi de follement m’amuser ! En même temps, s’immerger ainsi dans l’un des grands moments de l’histoire de France qui voit naître la monarchie absolue et la structure de l’Etat moderne a été passionnant.


Vous mélangez volontiers histoire et fiction. Comment déceler entre les lignes la part de rêve ou de réalité ? Avez-vous pris beaucoup de liberté avec l’histoire ?


YJ : Hormis Gabriel de Pontbriand et son père, plus quelques figures secondaires, tous les autres personnages ont existé et nous avons voulu conserver presque intact le déroulement historique de l’année 1661. Le lecteur va donc découvrir à travers l’intrigue, la réalité de cette année, seulement adaptée ou simplifiée parfois.
DL : Bien sûr, nous avons pris quelques libertés (ou plutôt interprété) avec le caractère de chaque personnage et avec les faits. Ainsi, Colbert ne reflète-t-il pas l’imaginaire populaire. C’est notre choix. Mais pour le reste, nous avons surtout rajouté une intrigue romanesque par dessus la réalité davantage que nous n’avons modifié celle-ci.

Comment le personnage du jeune héros Gabriel est-il né ? Pourrait-on le comparer à un de nos contemporains ?

DL : Il nous semblait intéressant d’avoir, au milieu de cette intrigue politique, un jeune homme à la fois indépendant, idéaliste et passionné. La rencontre entre cette âme bien née, volontairement en décalage avec son siècle, et les intrigues de la cour nous semblait intéressante.

L’intrigue sentimentale est-elle centrale dans votre ouvrage ?
DL : Nous avons souhaité mettre en avant à travers les intrigues de cour, cet aspect fondamental du règne de Louis XIV, tout en faisant vivre à nos héros une relation personnelle qui renforce l’aspect romanesque de l’intrigue.

Avez-vous pensé à la suite possible de 1661 ?
YJ : Il est trop tôt pour le dire mais bien souvent, les héros ayant leur propre vie, sont seuls à décider de ce genre de chose…

Propos recueillis par FT le 21 janvier 2005